SEAT vol 1
«Chaque siège garde la mémoire des corps. J’essaye de dialoguer avec eux.»
— Andros Dresamore i

Note critique
par André de Sá Moreira
Dans cette nouvelle intervention, Andros Dresamore i traverse la ville en s’asseyant.
Bancs et chaises publics, terrasses de cafés — chaque arrêt devient un acte discret de réappropriation. Il ne s’agit ni d’attente, ni de repos, mais d’un engagement du corps face au mobilier urbain, comme si chaque siège avait besoin d’un témoin. La musique glisse sur les gestes, amplifie les silences et les creux entre les assises.
Il ne cherche pas à occuper l’espace, il s’y dépose. Et ce simple geste — s’asseoir — devient soudainement politique, tendre, presque liturgique.
S'asseoir devient un acte de résistance douce. Chaque banc est une scène, chaque terrasse un manifeste silencieux. Le montage lent, soutenu par un piano presque Chopinien, fait émerger une profonde nostalgie.
La "pratique du Siège" transforme le mobilier urbain en confessionnal laïque. C’est une écoute. L’artiste, en s’asseyant partout, nous oblige à nous demander où nous, spectateurs, avons cessé de nous poser.
«On aurait dit qu'il cherchait à retrouver la mémoire des corps assis et disparus.»
— Alex Rocamora